Stress & SUMO : le poids de SUMO dans la glande surrénale

Stress & SUMO : le poids de SUMO dans la glande surrénale

La SUMOylation est un processus de modification post-traductionnelle conservé chez les eucaryotes, indispensable au maintien de l’intégrité des génomes, à la régulation des gènes et à la signalisation intracellulaire. Essentielle aux processus cellulaires fondamentaux, son implication dans l’édification et la fonction des organes, reste cependant, mal comprise. Cette question centrale est l’objet de l’étude récemment publié dans FASEB (Dumontet et al. 2019)  par l’équipe Pathophysiologie moléculaire des tissus surrénaux et endocriniens.

Les résultats, obtenus chez la souris et les patients, révèlent que la glande surrénale présente un patron tissulaire de SUMOylation unique, sensible aux conditions de stress et altéré en cas de tumeurs ou d’hyperactivité, suggérant son implication dans l’organogenèse et la physiopathologie de la glande.

La glande surrénale maintient l’homéostasie corporelle en adaptant le métabolisme aux variations des apports hydrominéraux, nutritionnels et des conditions de stress. Cette fonction vitale repose sur l’organisation de la glande en zones concentriques chacune spécialisées dans différentes activités : la zone la plus externe assure le renouvellement cellulaire de la glande et la production d’hormones minéralocorticoïdes tandis que les zones intermédiaire et interne fabriquent respectivement, des glucocorticoïdes et des androgènes. Comment ces zones acquièrent-elles et maintiennent leur identité tout au long de la vie ou au contraire sont altérées lors d’épisodes pathologiques, restent des questions à élucider. La formation d’un organe s’appuie sur un programme génétique qui attribue à certains groupes de gènes un rôle spécifique dans l’édification de certaines parties de sa construction. Cependant, l’adaptation continuelle d’un organe de réponse au stress requiert aussi des mécanismes plus flexibles, capables de modifier très rapidement l’activité de protéines contrôlant l’expression génique. Ceci peut être réalisé grâce à des modifications rapides et transitoires de certaines protéines cibles par leur conjugaison ou leur dé-conjugaison à de petits modules protéiques appelés SUMO. Nous avons montré que dans la surrénale humaine comme dans celle de souris, chaque zone fonctionnelle est caractérisée par une intensité de SUMOylation qui lui est propre et qui décroit entre la périphérie et l’intérieur de la glande. Ce « gradient » est très rapidement et transitoirement altéré dans des conditions de stress et durablement altéré dans des maladies génétiques surrénaliennes ainsi que dans leurs modèles murins correspondants. Ainsi, nos travaux révèlent et expliquent comment l’équilibre de la SUMOylation peut constituer une réponse adaptative rapide réversible dans des conditions physiologiques (ici la réponse au stress) ou être chroniquement altérée dans des pathologies tumorales. Enfin, ces résultats sont en faveur d’un rôle majeur de la SUMOylation pour orchestrer l’organisation zonale de la glande surrénale et/ou son maintien. Les acteurs ciblés par cette SUMOylation surrénalienne restent maintenant à identifier.

Ces travaux font l’objet d’une communication plus détaillée sur le site de l’INSB du CNRS

http://www.insb.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/stress-sumo-le-poids-de-sumo-dans-la-glande-surrenale

Last modified: 10/09/2019